Novembre 2006

 

 

 

Mantes la Jolie, le 1er novembre 2006

                   Le rêve se transforme en cauchemars :

 


Ce week-end, nous participions au 3ème Rallye National de Jules Verne à Amiens, une semaine après la Finale de la Coupe de France à Nantes.

  

 

Cette finale avait pour nous un goût amer d’inachevé, même si nous terminons 15ème au général sur 170 au départ, 2ème de notre classe et 4ème des voitures de production.

 

Depuis mi septembre où nous avons enchainé les courses pour qualifier la voiture, nous n’avions pas pu effectuer de séances d’essais pour régler notre différentiel central piloté car nous étions focalisés sur des problèmes de manque de puissance moteur. Les problèmes de puissance ont été résolus la veille de la finale. Nous étions contraints de rouler avec le boitier monté en série sur la voiture. Si le système est très sécurisant pour la conduite de monsieur tout le monde, il n’est en revanche pas approprié sur le sec et encore moins sur le mouillé pour réaliser des chronos. Malheureusement, en raison des conditions climatiques difficiles, (nous dirons même diluviennes) nous avons du composer avec une voiture très brutale et totalement inefficace dans ces conditions.
Entre les différentes touchettes (train avant ouvert),  les 360° et les tout droits, nous avons laissé la bagatelle de deux minutes. Nous aurions pu envisager une place dans les sept premiers sans ces deux minutes et certainement mieux encore avec un setup châssis adéquat !

Afin de prouver notre analyse et tester des réglages à partir de notre nouveau boitier de différentiel central entièrement programmable, nous nous sommes engagés au Rallye Jules Verne. C’était l’occasion de rapporter un très bon résultat à tous nos partenaires et aussi de valider les réglages que nous avions conçus à partir de ce fameux boîtier très élaboré pilotant le différentiel central, source de tous nos problèmes à la finale de Nantes
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« Le Rallye est très bien parti, trop bien même, 1ère spéciale, 2ème temps scratch à moins d’une seconde au km de Jean-Jacques Lebrun et sa Toyota GrA, tout auréolé de sa couronne de vainqueur de la finale de la coupe de France le weekend précédent.

Dans la 2ème et 3ème spéciale, nous partons sur un faux rythme et j’ai encore du mal à freiner correctement avec les gros freins. Nous avons très mal noté les nombreux freinages cachés sans repère. Comme on dit dans le jargon «  on est scotchés », et à l’arrivée, je lâche à Benoit « on est à 2 s au kil ». Verdict, nous réalisons quand même respectivement les 4ème et 5ème  temps, mais nous ne sommes vraiment pas satisfaits, le potentiel est là et nous ne l’exploitons pas. Dans la deuxième boucle de nuit, nous essayons nos nouveaux réglages de différentiel. Nous décidons de nous libérer et de passer à l’attaque si le comportement de la voiture le permet.

 

 

Fantastique ! Nous avons enfin le feeling et la voiture obéit parfaitement en réagissant aux moindres sollicitations. Nous sortons en glisse des 4 roues avec l’avant qui tracte et non pas complètement en travers comme à la finale où nous étions obligés de lâcher l’accélération à chaque virage serré sous peine de 360°instantané (nous en avions quand même réalisé trois !).
Les enchainements s’accélèrent,  les distances entre les virages se raccourcissent et certainement surpris par ce changement brusque de rythme, Benoît se bloque sur une note à 1 Km de l’arrivée. Nous finissons un peu « à vue » et nous  échouons à 2.9 s de Lebrun.

 

Dommage ! Mais le déclic est là, et dans la cinquième, on hausse encore le ton, un vrai bonheur, freinages en appui en légère dérive, passages en courbe hallucinants (certaines fois deux notes au-dessus). « ON LE TIENT NOTRE SCRATCH ABSOLU ! » ça fait cinquante ans qu’on court après ! (hein ? ça fait que  quinze ans que nous courons ? et alors ? ça nous a paru une éternité !)
 

En plus, un scratch devant le dernier vainqueur de la coupe de France avec une Gr.N, c’est sûr qu’on va en entendre parler !! Oui, mais il y a une P… de chicane à dix à l’heure, en première, où l’on avait noté en gros : ATTENTION GRAVIERS ! Et, là, la voiture se dérobe de l’avant … j’tire le frein à main ou pas ? … trop risqué, c’est très étroit et si on touche le ballot de paille, on explose la rampe de phares… Tant pis, tout droit à droite du ballot, marche arrière, première  et on repart à l’attaque. J’explose de rage et les tympans de Benoît en même temps car c’est 100% de ma faute !! À l’arrivée, on pensait avoir tout perdu … verdict, 2ème temps à 10 secondes de Lebrun (combien ça fait un tout droit avec une marche arrière ? on ne saura jamais).

A ce moment-là, il y a toujours Valentin avec sa grosse M3 GrA et une 318 compact top F2000 sur un terrain qui leur est toujours favorable puisqu’il fait sec. C’est sûr, dans la 6ème ES, on va aller le chercher ce scratch ! Toujours du bonheur à l’état pur, de la glisse comme on le veut, où nous le voulons, la voiture fait ce qu’on lui demande. Très saine sur les freins, elle vole sur la route ! On prend des vitesses impressionnantes sur des courbes en six, entre les talus et l’équipage est en symbiose totale.

Nous sommes à trois Km de l’arrivée et….. Soudain de la fumée sort du capot, puis des flammes de 1 m jaillissent de la prise d’air.
Là, c’est l’horreur, nous savons ce que cela signifie (on va tout perdre en fumée), nous passons en roue libre le temps que Benoît prépare l’extincteur.
On saute de la voiture, il faut enlever la rampe de phares pour ouvrir le capot… nous avons l’impression que ça dure une éternité… Enfin, on l’ouvre, il y a deux foyers.  Benoit vise bien les deux foyers et le feu est éteint, mais ça continue à fumer abondamment et l’on est en pleine trajectoire à fond de six. Il faut courir prévenir les autres concurrents et revenir à chaque fois surveiller que le feu ne reparte pas .Vingt voitures au moins passent avant que la course soit arrêtée.

 

 

Benoit et moi vivons vraiment un très grand moment de solitude. On le tenait ce scratch et ce podium absolu. »


Cela fait quatre ans que nous progressons à pas de fourmis pour faire évoluer ces belles SUBARU et nous sommes persuadés d’avoir trouvé les petits trucs pour les optimiser en restant conforme, nous aurions pu avoir l’aboutissement ce weekend…

Beaucoup diront que ce n’est pas la fin du monde, c’est sûr ! Mais ceux qui savent ce que c’est que de galérer pendant quatre ans, des nuits et des week-end, en ayant cette frustration d’avoir une voiture qui n’est pas encore suffisamment performante par rapport à la concurrence, d’avoir de sérieux doutes sur le pilote, ou d’entendre : « Il n’y a que Prodrive qui sait les faire marcher ! »


Tout ça à cause de quoi ? D’ une simple durite de reniflard d’huile qui a sauté et qui a arrosé le turbo à 1000°C, déclenchant l’incendie immédiatement.

Maintenant, il faut réviser entièrement la voiture de A à Z et poursuivre quelques séances d’essai en rongeant notre frein jusqu’à l’année prochaine pour démontrer le potentiel de notre auto.

 

Encore un grand merci à tous nos partenaires et à ceux qui nous ont fait confiance.

 

Ge Concept vous donne rendez vous l’année prochaine !